Actualités

Alors que la coiffure est un secteur porteur, qui recrute des personnels qualifiés, un acteur majeur du commerce de proximité, il se trouve aujourd’hui confronté à des risques susceptibles de le fragiliser.

 

DES RÉFORMES ET PROJETS « TIRÉS PAR LES CHEVEUX »


L’INSEE indique pour l’année 2015 un chiffre d’affaires HT de 5.82 milliards d’euros (source ESANE/INSEE), en baisse de 0.96% par rapport à 2014. Cette chute confirme la tendance qui matérialise le recul de la consommation dans le secteur. Ce recul, couplé à la multiplicité des acteurs, entrainent l’atomisation et la fragilisation d’une partie de la profession. Une profession qui ne saurait supporter de nouvelles charges synonymes de fin d’activité pour nombre de TPE (99.3% des entreprises de coiffure ont moins de 10 salariés).


Pour Bernard Stalter, « les entreprises de coiffures cherchent à recruter des personnels qualifié. Notre secteur est un vivier d’emplois, il offre des places en apprentissage et il est acteur essentiel de l’économie de proximité. Les chefs d’entreprise de coiffure souffrent déjà assez pour envisager de leur infliger des charges supplémentaires. A la gestion du prélèvement à la source s’ajoute aujourd’hui le projet de faire payer aux employeurs les indemnités journalières des salariés ! Les salons de coiffure sont pour une large majorité des entreprises de très petite taille, incapables de survivre à un tel alourdissement des charges ». De son côté la loi PACTE, destinée à rendre l'économie française plus compétitive, propose des mesures qui ne sont pas suffisamment adaptées aux TPE. « Malgré quelques mesures très positives comme la suppression du forfait social sur l’intéressement ou la facilitation de la transmission d’entreprise, la loi ne va pas assez loin et ne propose pas par exemple de simplification des statuts de l’entreprise individuelle (12% des entreprises de coiffure) ni d’exonération de charges ou d’impôts sur les bénéfices réinvestis pour les entreprises individuelles (57% des entreprises de coiffure) » souligne Bernard Stalter. L’annonce du gouvernement sur la défiscalisation est un signal positif envoyé aux entreprises artisanales. Cette mesure devrait permettre de compenser le manque de personnel et renforcer le pouvoir d’achat des français pour soutenir la croissance « On aurait pu aller encore plus loin en élargissant la mesure à la partie fiscale, et pas seulement sociale comme c’est le cas » précise Bernard Stalter.

 

L’EMPLOI ET LA COMPÉTITIVITÉ AU COEUR DES PRÉOCCUPATIONS


S’ajoute à cette situation l’épineuse problématique du recrutement, car si la coiffure est aujourd’hui exercée en France par plus de 184 000 actifs, on constate que les difficultés de recrutement accentuées depuis 2015 progressent à nouveau en 2018. Une situation incohérente avec les quelque 2.5 millions de chômeurs comptabilisés actuellement dans l’hexagone. Le secteur de la coiffure qui a perdu 4 900 actifs depuis 2009 cherche et peine à recruter. En témoigne l’enquête BMO 2018 de Pôle Emploi qui comptabilise 17 400 projets de recrutement coiffure/esthétique (+ 2 500 postes vs. 2017) dont 66.5% sont jugés difficiles. Que cela soit du fait d’un glissement d’une partie des salariés vers la micro-entreprise, d’une main d’oeuvre présente mais non-qualifiée ou encore du nombre d’apprentis qui se contracte, force est de constater que la profession doit agir pour redresser la barre


RÉFORMER LA FORMATION ET AMÉLIORER L’ATTRACTIVITÉ DU SECTEUR


Un vaste programme dans lequel s’inscrit bien entendu la réforme en cours de la formation professionnelle (loi Avenir Pro). Il s’agit là d’une réforme majeure pour l’ensemble des acteurs du secteur car la coiffure a perdu 28 % de ces effectifs en formation en 10 ans. Ce sont aujourd’hui 17 610 apprentis qui suivent ce cursus, un effectif qui tend néanmoins à se stabiliser depuis deux ans. Compte tenu de la pénurie de main-d’oeuvre à laquelle le secteur est confronté, il est vital de développer l'apprentissage qui est par ailleurs plébiscité par les chefs d’entreprise qui y ont déjà eu recours. Si l’UNEC partage la même vision que le gouvernement sur la nécessité de promouvoir l’apprentissage comme voie royale vers la profession de coiffeur, elle reste néanmoins vigilante quant aux conditions de sa promotion et de son développement.
Au-delà de la problématique des flux entrants dans le secteur se pose également la question de la fidélisation des collaborateurs dans les salons. L’UNEC a fait de ce point l’une de ses priorités en lançant une vaste réflexion sur le niveau de rémunération et les conditions d’exercice du métier. Parmi ces dernières rentre en ligne de compte la formation comme outil de développement des compétences et de management des équipes. Dans ce cadre Bernard Stalter a récemment lancé un appel à la création d’un OPCA/OPCO dédié aux métiers de l’artisanat.


LA COIFFURE : INCONTOURNABLE PARTENAIRE D’UN FUTUR OPCA/OPCO DE L’ARTISANAT


Les artisans tous métiers confondus rencontrent les mêmes difficultés de développement, d’attractivité, de gestion des compétences et de l’innovation quelles que soient leur spécialité. Avec cet OPCA/OPCO, l’objectif est de pouvoir se doter demain d’un opérateur spécialisé capable de permettre aux professions artisanales de relever les défis d’aujourd’hui et d’anticiper ceux à venir, d’être plus forts et de peser dans la négociation paritaire. L’artisanat ne se limitant pas aux très petites structures et l’objectif étant de regrouper l’ensemble des entreprises, y compris celles de taille intermédiaire, il est envisageable, dans le cadre de la loi PACTE, d’ouvrir l’artisanat à des entreprises qui en sont actuellement exclues du fait d’une limite juridique théorique du nombre de salariés. Ainsi le futur OPCA/OPCO de l’artisanat regrouperait en son sein l’ensemble des entreprises quelle que soit leur taille.


Pour Bernard Stalter, président de l’UNEC et de l’Assemblée permanente des chambres de métiers et de l'artisanat. (APCMA) : « La structuration actuelle de l’artisanat est un frein face aux défis qu’il doit relever. Il faut rationaliser, fédérer les énergies et les compétences dans une logique interprofessionnelle pour donner un nouveau souffle à l’artisanat, gagner en cohérence, en efficacité et en lisibilité. Du fait de son importance dans l’artisanat la coiffure est l’incontournable partenaire de ce projet. Il est pertinent et efficace pour la branche coiffure de s’inscrire dans un OPCA/OPCO de l’artisanat et des entreprises de proximité, plutôt que dans un OPCA/OPCO interprofessionnel beaucoup plus large où notre branche serait noyée parmi d’autres métiers aux réalités totalement différentes, et sans garantie de peser sur la gouvernance paritaire des structures exécutives ».


« Dans les mois à venir, nous devons nous mobiliser pour que le secteur de la coiffure puisse être un véritable acteur de l’emploi et de l’économie Ne faisons pas planer des menaces et des charges supplémentaires. Nous avons accompagné le gouvernement dans la réforme de l’apprentissage, nous l’accompagnerons dans la mise en oeuvre du projet de loi PACTE mais nous serons vigilants, comme nous le serons sur les décrets d’application de la réforme de l’apprentissage, et force de propositions pour que les intérêts des entreprises de coiffure soient respectés au mieux » annonce Bernard Stalter.

Il est arrivé, l'UNEC Mag de la rentrée qui comme chaque année fait la part belle au salon MCB by Beauté Sélection mais aussi à l'actualité de la profession.

L'Edito du président de l'UNEC :

Cher(e)s collègues,

Une nouvelle fois, le programme du MCB by BS s’annonce riche et prometteur avec cette année une nouvelle édition du MCB centrée sur la dimension business et la réussite. Au-delà des nouveautés produits et artistiques, chaque participant pourra aiguiser sa compréhension du secteur, de ses enjeux et repartir avec un maximum d’idées pour développer son entreprise. Ainsi l’espace workshow proposera par intermittence des speechs éclairés et inspirants de grandes personnalités du monde de la coiffure, qui viendront ponctuer des conférences “business” consacrées à la problématique du recrutement ou encore au merchandising en salon. Car il s’agit bien de donner à chacun les clés pour améliorer ses résultats.

Améliorer les résultats… un vaste programme pour la réforme en cours de la formation professionnelle dont la mise en oeuvre est prévue au 1er janvier 2019. Il s’agit là d’une réforme majeure pour l’ensemble des acteurs : apprentis, chefs d’entreprises, CFA, organismes de formation, branches, OPCA, Conseils Régionaux… Et lorsqu’une réforme concerne autant d’acteurs, on peut véritablement parler de transformation.

La Ministre du Travail Muriel Pénicaud a accepté de répondre en exclusivité dans cet UNEC MAG aux questions que beaucoup de coiffeurs se posent et je tiens à la remercier bien chaleureusement. Nous partageons la même volonté de promouvoir la filière de l’apprentissage mais je reste néanmoins très attentif aux conditions de sa promotion et de son développement. C’est pourquoi en tant que Président de l’UNEC, j’ai lancé un appel à la création d’un OPCA (organisme paritaire collecteur agréé) dédié aux métiers de l’artisanat.
Les artisans rencontrent les mêmes difficultés de développement, d’attractivité, de gestion des compétences et de l’innovation quelles que soient leur spécialité. Avec cet OPCA, l’objectif est de pouvoir se doter demain d’un opérateur spécialisé capable de permettre aux professions artisanales de relever les défis d’aujourd’hui et d’anticiper ceux à venir. Certaines professions ont déjà répondu favorablement ; je m’en réjouis et je reviendrai vers vous prochainement sur ce sujet.

En attendant je vous souhaite une bonne rentrée et de belles découvertes sur notre salon MCB by BS !

Bonne lecture,

BERNARD STALTER
Président de l’UNEC

Pour recevoir l'UNEC Mag tout au long de l'année, n'hésitez plus, ADHÉREZ

Avec TENTATION, l’équipe de Coiffeur en France, label artistique de l’UNEC, composée de Marion Dauch, Ornella Galvez, Jakuta Kamberi et Benjamin Stalter et dirigée par Raphaël Perrier, a voulu éveiller le désir de chacun au changement : s’initier au court, sublimer un long, oser une attache originale, passer de l’ultra-féminin au super-rock.

Les coupes femmes sont graphiques mais facile à porter. Côté hommes, les coupes s’inscrivent indéniablement dans l’air du temps,  avec une inspiration très rock tout en restant absolument naturelles.

arrêt maladie

Bernard Stalter, président de l’Union nationale des entreprises de coiffure, s’alarme du projet du gouvernement visant à faire payer aux employeurs les indemnités journalières d’arrêt maladie en cas d’arrêt de moins de huit jours.

La mesure envisagée par le gouvernement et qui devrait être présentée à la rentrée inquiète au plus haut point.

« Si l’objectif initial de maîtriser les dépenses d'arrêt maladie est louable, la solution actuellement imaginée est inadmissible ! » affirme Bernard Stalter, président de la première organisation professionnelle du secteur de la coiffure.

« Si l’on en croit les chiffres c’est une facture de plus de 900 millions d’euros par an que le gouvernement souhaite présenter aux entreprises. Une charge supplémentaire que ne sauraient supporter nos chefs d’entreprises qui rappelons-le gèrent pour une vaste majorité des TPE ! Des TPE qui souffrent déjà beaucoup et pour lesquelles une telle mesure serait synonyme de fermeture. Aujourd’hui, la coiffure représente plus de 114  000 salariés pour plus de 85 400 établissements. Cherche-t-on à torpiller ces entreprises ? A tuer leur compétitivité et leur dynamique ? Pour le bien de notre pays et de la dynamique encourageante insufflée par les dernières lois en date, j’espère que le gouvernement entendra les propos de l’UNEC ».

Transmettre sa passion avec passion ! Dans le prolongement du livre blanc de la formation présenté en 2016, le programme des ambassadeurs est officialisé depuis le 68ème congrès de l'UNEC qui s'est déroulé à Rennes. Explications par Christophe Doré, premier vice-président de l'UNEC en charge de la formation et l'emploi.

Pourquoi ce programme ?

Avec une baisse du nombre d’apprentis et les difficultés à recruter, on doit travailler sur l’attractivité des métiers de la coiffure et donc la pérennité de l’emploi. Ce programme a pour objectif de valoriser le plus beau métier du monde, hélas parfois décrié et crédité d’une image négative et de donner envie aux millenials d’embrasser la profession.

Pour démarrer, une première cohorte d’ambassadeurs va être mise en place au niveau des 13 grandes régions de métropole avec pour objectif à terme d'en avoir au moins un par département. Dans un second temps, charge à ces ambassadeurs de cascader pour susciter d’autres vocations au niveau départemental pour un rayonnement non seulement hexagonal mais aussi outre-mer.

Sur quels critères sont-ils choisis ?

Avoir de préférence moins de 40 ans et être prêt à transmettre sa passion ! Plus concrètement, ces ambassadeurs doivent s’engager à donner de leur temps, être disposés à collaborer avec leur organisation professionnelle et les centres de formation. Outre leur charisme et leurs compétences techniques, ils doivent avoir la capacité de communiquer positivement auprès des jeunes et des institutions, bref incarner une nouvelle génération de professionnels.

Comment vont-ils oeuvrer ?

Pas si simple de se sentir à l’aise devant une classe d’adolescents ! Pour les accompagner, nous allons mettre en place une formation, notamment sur la façon de s’adresser à la génération des Millenials, comprendre ce qui les motive, ce qui les inspire. Chaque ambassadeur aura pour mission de se rendre au plus près de ce jeune public et des parents (collèges, lycées, forums) pour transmettre leur passion mais aussi les réalités du métier et les attentes de la profession. Avec eux l’UNEC travaillera à la création d’outils d’orientation percutants et attractifs afin de toujours mieux communiquer autour du métier.

 

Si vous vous sentez l'âme d'un ambassadeur du métier, prenez contact avec nous au 01 42 61 53 24 !

 

Ils sont partenaires de l'UNEC

  • Institutions de la coiffure
  • DGE
  • Loreal professionnel
  • aesio
  • Cegeco