Exercer les métiers de la coiffure à domicile sous le régime auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur)

coiffeur-auto-entrepreneur

Devenir coiffeur à domicile obéit à une réglementation stricte, notamment en matière de diplôme et de conditions d’exercice de l’activité. Pratiquer le métier de coiffeur à domicile sous le statut de micro-entrepreneur peut être tentant. Ce statut permet en effet de bénéficier de formalités simplifiées et d’un régime fiscal avantageux. Par ailleurs, le régime du micro-entrepreneur a remplacé celui de l’auto-entrepreneur, même si cette notion est encore largement utilisée. Ces deux termes sont donc identiques et recouvrent aujourd’hui une même réalité. Quelles sont précisément les conditions pour exercer la coiffure à domicile sous le régime de l’auto-entrepreneur ? On fait le point sur l’essentiel à savoir avant de se lancer à son compte.

Diplôme du coiffeur à domicile indépendant et conditions d’exercice

Le métier de coiffeur à domicile s’entend comme l’exercice des métiers de la coiffure dans un lieu qui n’est pas fixe, ce professionnel n’a ainsi pas de lieu de travail dédié. Il exerce le plus souvent sur rendez-vous au domicile de ses clients, sur leur lieu de travail, de vacances, à l’hôtel, dans des structures collectives ou des instituts spécialisés (hôpitaux, centres de rééducation, de cure…).

Pour devenir coiffeur à domicile, il faut obligatoirement détenir l’un des diplômes ou titres suivants : CAP coiffure, titre équivalent ou supérieur (de type brevet professionnel, brevet de maîtrise coiffure, BTS métiers de la coiffure) inscrit au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles).

Toutefois, à défaut de diplôme ou de titre professionnel, si vous justifiez d’une expérience significative de 3 ans minimum sur le territoire de l’Union européenne (UE) ou dans un État membre de l’Espace économique européen (EEE), vous pouvez prétendre à l’exercice du métier de coiffeur à domicile.

Le régime du micro-entrepreneur (anciennement auto-entrepreneur) appliqué à la coiffure à domicile

Les avantages de la micro-entreprise pour les coiffeurs
Si vous souhaitez vous installer à votre compte en tant que coiffeur à domicile, le régime de l’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est tout indiqué.
En effet, ce statut permet de se lancer à son compte en limitant considérablement les risques. Ce régime permet notamment :
• de bénéficier de formalités de création d’entreprise simplifiées
• d’avoir un régime social (le micro-social) et fiscal avantageux, sous réserve qu’un certain seuil de chiffre d’affaires ne soit pas dépassé.

Ainsi, vous ne payez des cotisations sociales que s’il y a un chiffre d’affaires généré : celles-ci sont calculées proportionnellement au chiffre d’affaires que vous avez réellement perçu. Pour les prestations de services, les cotisations sociales représentent 22 % du chiffre d’affaires. De même, le calcul des impôts est réalisé de manière simple, en pourcentage du chiffre d’affaires.

Le coiffeur indépendant à domicile crée ainsi une entreprise de services relevant de la coiffure et de la mise en valeur des cheveux. Il peut aussi vendre des produits capillaires. En tant qu’artisan, le coiffeur à domicile dépendra de la Chambre des métiers et de l’artisanat.

Le régime de la micro-entreprise n’est possible que dans la mesure où le chiffre d’affaires annuel de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année ne dépasse pas 72 600 € (pour les prestations de service). Au-delà de ce chiffre, il faudra changer de statut juridique. De plus, l’auto-entrepreneur coiffeur à domicile ne facture pas de TVA si son chiffre d’affaires ne dépasse pas 36 500 € par an.

Abattement pour les micro-entrepreneurs et aides

Par ailleurs, dans le régime de droit commun du micro-entrepreneur, un abattement est directement réalisé par l’administration fiscale à titre de frais professionnels. Pour les bénéfices non commerciaux (BNC), cet abattement représente 34 % du chiffre d’affaires.

Enfin, le micro-entrepreneur doit aussi s’acquitter :
• de la cotisation foncière des entreprises (CFE)
• d’une taxe pour frais de chambre consulaire
• d’une contribution à la formation professionnelle (CFE), qui représente 0,30 % du chiffre d’affaires pour les artisans.

Des aides sont possibles, visant à encourager l’installation des nouvelles entreprises. Ces aides, à l’instar de l’Acre (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise), permettent notamment de bénéficier de dispositifs de soutien et d’allégement de cotisations sociales.