Le secteur de la coiffure en 2020, on fait le point.

Après une année de crise sanitaire ayant particulièrement affecté la profession, l’Union nationale des entreprises de coiffure publie sa brochure annuelle « Chiffres-clés 2020 » et fait le point sur l’impact de la pandémie sur le secteur et le recours aux différents dispositifs d’aide mis en place au cours de l’année 2020.

Sans grande surprise, les professionnels de la coiffure, comme de nombreux artisans ont été lourdement impactés par la crise sanitaire. Le chiffre d’affaires des salons de coiffure a chuté de 19,5 %1 en valeur sur l’année 2020 par rapport à l’année précédente. L’enquête menée par l’UNEC révèle que malgré trois semaines de forte fréquentation constatées à l’occasion de la reprise de l’activité le 11 mai 2020, plus de 6 répondants sur 10 ont enregistré une baisse significative de leur chiffre d’affaires sur la période étudiée.

  • De nouvelles habitudes prises par la clientèle à l’occasion du 1er confinement et conservé par la suite, avec un espacement des visites ;
  • La généralisation du télétravail moins propice à l’entretien régulier de sa coiffure ;
  • L’incertitude sur l’environnement économique et le climat anxiogène ;
  • Ou encore l’annulation d’événements (mariages et fêtes familiales).

Un fort dispositif d’aides en place

Pour amortir les dégâts, les entreprises ont pu faire appel aux dispositifs d’aides mis en place par l’État. Suite au 1er confinement, 93 % d’entre elles ont ainsi bénéficié du fonds de solidarité (FDS) de premier niveau et 10 % du FDS de second niveau géré par les régions. Une entreprise sur trois a pu bénéficier d’autres aides (communes, assurances…). 248 millions d’heures de chômage partiel ont été indemnisées aux entreprises de coiffure (de mars 2020 à janvier 2021). Nous pouvons observer des pics mensuels d’indemnisation sur les mois de mars (15,6 %), avril (38,1 %) ou encore novembre 2020 (29,5 %) en adéquation avec les deux premiers confinements. 18 096 entreprises (19,6 % du secteur de la coiffure) ont recouru au prêt garanti par l’État (PGE). 89,7 % des prêts ont été souscrits entre mars et août 2020. Le montant moyen s’établit à 21 799 € : entre mars et août, le montant moyen était de 22 087 € pour ensuite baisser entre septembre 2020 et février 2021 à 18 300 €. Lors d’une enquête 3 menée par l’UNEC, les entreprises interrogées ayant souscrit un PGE ont indiqué à 56 % qu’elles l’avaient utilisé pour soulager leur trésorerie. 45 % ont déclaré vouloir le rembourser au bout d’un an (bien au-dessus de ce qui est constaté sur l’ensemble des secteurs confondus ou seuls 14 % des bénéficiaires souhaitent rembourser le PGE sur cette même durée).

Légère hausse du nombre d’établissements par rapport à 2019

Le secteur comptait 98 290 établissements en fin 2020, enregistrant une augmentation de 2 % par rapport à 2019. Parmi les salons (représentant 68 640 points de vente), les indépendants repré-sentent près de 90 % du nombre d’établissements. Ceux exerçant une activité sous franchise ou licence représentent toutefois 25 à 30 % du chiffre d’affaires du secteur.

La coiffure à domicile continue de gagner du terrain et représente 25 490 établissements soit 27 % du secteur en nombre d’activité.
La France compte en moyenne 146 établissements pour 100 000 habitants.

Le secteur dénombre 7 200 nouvelles immatriculations en 2020 soit une baisse de 9 %. 560 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2020 contre 908 l’année précédente. L’année 2020 comptabilise également 5 360 fermetures d’établissements, soit une baisse de 20 %. L’ensemble de ses évolutions peuvent cependant s’expliquer par les mesures de soutien aux en-treprises mises en place durant la crise sanitaire.
Le nombre d’actifs continue de diminuer en 2020 : 177 769 comptabilisés en 2020 (alternants in-clus). Sur la période 2010-2020, le secteur a perdu près de 14 500 actifs soit une baisse de 7,6 % en 10 ans.

Formation

Deuxième secteur de l’artisanat formant des apprentis en CFA, la coiffure a perdu 27 % de ces effectifs en formation depuis 2007-2008. Cependant, le nombre d’apprentis tend à se stabiliser depuis la rentrée scolaire 2015. 17 722 apprentis et 927 contrats de professionnalisation (soit 18 649 alternants) représentent 17 % de l’emploi salarié dans le secteur qui emploie au total 108 980 collaborateurs.

Les effectifs en formation par la voie scolaire continuent de diminuer. La coiffure a perdu 50 % des effectifs sur ce parcours depuis 2008-2009. L’année 2020 correspond à elle seule à la perte de 884 élèves scolarisés dans la filière (-14,1 %).

  1. Selon l’ordre des experts-comptables, SIC Magazine
  2. Selon l’enquête réalisée entre le 16 et le 30 septembre 2020, portant sur la période d’activité allant de mai à août 2020 et rassemblant 1 454 répondants.
  3. Du 12 avril au 3 mai 2021 auprès de 651 répondants.

Retrouvez l’intégralité de la brochure « Chiffres-clés 2020 » en cliquant ci-dessous