Victor et Célia : une comédie qui rend hommage à la profession

Avec Victor et Célia sorti en salle le 24 avril et dont L’UNEC est partenaire, l’univers de la coiffure est une nouvelle fois une source d’inspiration pour le 7e art. Retour sur la genèse de cette rafraîchissante comédie réalisée par Pierre JOLIVET.

De Georges Méliès (Salon de coiffure, 1908) à Jean Boyet (Coiffeur pour Dames, 1952) en passant par Patrice Leconte (Le mari de la coiffeuse, 1990), nombreux ont été les réalisateurs à prendre pour cadre l’ambiance d’un salon de coiffure. Mais aucun film n’avait été dédié à la vision entrepreneuriale du métier.

Après le tournage Des Hommes du feu, Pierre Jolivet avait envie de changer de registre. Le hasard fait bien les choses. Au bout de sa rue, il rencontre Arnaud Cheminade et Louis Lafolie: “ Je suis allé me faire couper les cheveux, et j’ai discuté avec les deux jeunes propriétaires qui venaient d’ouvrir leur salon de coiffure. Ils m’ont raconté leur histoire, celle de ce salon : leur désir, si fort, d’avoir un endroit à eux, de prendre leur destin en main ; les peurs et les mises en garde de leurs proches ; les épreuves qu’ils ont traversées pour y arriver… L’universel de leur histoire m’a touché car leur énergie est entrée en écho direct avec la mienne. ”

C’est bien de cette énergie de créer et du désir d’indépendance dont il est question dans cette comédie. Si le pitch reste fidèle à la réalité, l’exception du personnage de Célia apporte la touche romantique. Ainsi selon Arnaud, Pierre Jolivet a réussi à montrer “ comment deux jeunes, malgré la crise, quittent un poste pépère pour devenir indépendants. En 2013, on était tous les deux responsables dans une grosse franchise. On a pris le risque de tout lâcher, sans avoir la certitude que ce serait payant. On s’est jetés à l’eau parce qu’on y croyait. C’est ce qui a plu à Pierre, au départ. Là-dessus, le film est assez fidèle à ce qu’on a vécu. ” Quant à Louis, au-delà de l’orientation comédie romantique, il trouve que la démarche permet de “ donner l’impulsion d’un film sur la coiffure ”.

Pour la préparation des deux comédiens Alice Belaïdi et Arthur Dupont, Linda Hidra a joué un rôle clé. Ex-coiffeuse, devenue chef coiffeuse dans le cinéma, elle est intervenue comme coach coiffure avant et pendant le tournage: “ S’ils ne levaient pas assez le coude pour couper une mèche, j’intervenais. Certes, on ne fait pas le film uniquement pour un public de coiffeurs, mais ça participe d’une recherche de vérité qui était importante pour tout le monde. ” Au final,  même si elle n’a eu que trois jours intensifs pour les former, elle est plutôt satisfaite de ses deux élèves: “ Alice est une surdouée de la coiffure ; Arthur, plus hésitant au départ, est très attentif, animé d’une vraie volonté de bien faire. ” Arthur à témoigner :“ Durant le tournage, nous ne réalisions pas les coupes de A à Z mais chaque coup de ciseau à l’écran était fait par nos soins. Linda terminait ou reprenait chaque coupe, une fois les séquences achevées. La première que j’ai faite, c’était une horreur… Je devais faire une nuque droite : le tracé était pire que Wall Street en 29. Linda m’a scotché, elle a réussi rattraper le massacre.

Mais comme le rappelle Linda Hidra : “ La coiffure ne se résume pas à la technique. Nous sommes des artisans : impossible de faire correctement ce métier si on ne l’aime pas… Et si on n’aime pas les gens. Si on n’est pas attachés à leur bien-être. La coiffure, c’est comme un vêtement : pour bien le porter, il faut s’y sentir bien. Le coiffeur doit donc avoir une grande qualité d’écoute pour savoir adapter une coupe, une couleur, à la personnalité et aux besoins de son client. C’était le message que je voulais leur faire passer et je crois avoir réussi : Alice et Arthur n’ont plus le même regard sur la coiffure, aujourd’hui.” Et grâce à ce film, le public, non plus.